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Abattement 10 pour cent retraites : comment réduire légalement l’impôt sur vos pensions et optimiser votre revenu net

Abattement 10 pour cent retraites : comment réduire légalement l’impôt sur vos pensions et optimiser votre revenu net

Abattement 10 pour cent retraites : comment réduire légalement l’impôt sur vos pensions et optimiser votre revenu net

Pourquoi vos pensions ne sont (heureusement) pas taxées à 100 %

Quand j’accompagne de nouveaux retraités, j’entends souvent la même phrase : « Thomas, j’ai l’impression qu’entre les cotisations, la CSG, l’impôt… on me reprend tout ». La réalité est moins sombre, mais il faut comprendre les règles du jeu. L’un des leviers les plus méconnus est justement l’abattement de 10 % sur les retraites.

Cet abattement, c’est un peu comme un « forfait frais de retraite » que l’administration applique automatiquement, sans que vous ayez à remplir une case spéciale. Bien utilisé et bien compris, il peut vous aider à réduire légalement votre impôt sur les pensions et à mieux organiser vos revenus à la retraite.

Dans cet article, on va voir ensemble :

  • Ce qu’est exactement l’abattement de 10 % et comment il est calculé.
  • Qui en bénéficie (et qui n’y a pas droit).
  • Comment il s’articule avec le reste de votre fiscalité.
  • Comment optimiser la structure de vos revenus de retraite pour augmenter votre revenu net après impôt.
  • Installez-vous avec un café : on attaque, mais promis, sans jargon inutile.

    Abattement de 10 % sur les retraites : de quoi parle-t-on exactement ?

    Si vous percevez une retraite (de base, complémentaire, pension de réversion, etc.), l’administration fiscale applique automatiquement un abattement de 10 % sur le montant déclaré, avant de calculer l’impôt.

    Concrètement, cela signifie que le fisc considère que vos pensions supportent des “frais” (coûts de la vie, dépenses liées à l’âge, etc.) et décide de ne taxer qu’une partie de vos revenus de retraite.

    Sur votre déclaration, vous indiquez le montant brut de vos pensions (c’est en principe déjà pré-rempli). L’administration va ensuite :

  • Regrouper vos pensions imposables.
  • Appliquer un abattement forfaitaire de 10 % sur ce total.
  • Tout en respectant un minimum et un plafond, mis à jour chaque année.
  • Autrement dit, même si 10 % est la règle générale, vous ne pouvez pas descendre en dessous d’un certain montant, ni dépasser un plafond : cela évite que les gros retraités bénéficient d’un abattement trop élevé, et que les petits retraités en soient trop pénalisés.

    Les montants précis de ce minimum et de ce plafond varient chaque année avec l’inflation. Pour l’année des revenus la plus récente, on est, à titre indicatif, sur :

  • Un minimum d’abattement de l’ordre de quelques centaines d’euros par personne retraitée dans le foyer.
  • Un plafond aux alentours de quelques milliers d’euros par foyer fiscal.
  • Pour vérifier les chiffres à jour, je recommande toujours de regarder la notice officielle de la déclaration de revenus ou la page dédiée sur le site impots.gouv.fr.

    Qui a droit à cet abattement de 10 % ?

    Bonne nouvelle : la plupart des retraités en bénéficient. Cet abattement concerne en principe :

  • Les pensions de retraite de base (Sécurité sociale, fonction publique, régimes spéciaux…).
  • Les retraites complémentaires (Agirc-Arrco, Ircantec, etc.).
  • Les pensions de réversion.
  • Certaines rentes viagères à titre gratuit (par exemple, rentes versées par un parent).
  • Il s’applique aussi pour les personnes qui perçoivent une pension d’invalidité ou certaines pensions alimentaires versées à des ascendants, selon les cas.

    En revanche, attention : cet abattement ne s’applique pas à tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à de la retraite. Il y a des exceptions.

    Ce qui ne bénéficie pas de l’abattement 10 % sur les retraites

    Plusieurs types de revenus souvent associés à la retraite ne profitent pas

  • Les rentes viagères à titre onéreux (issues par exemple de certains contrats d’assurance-vie ou de tontines) : elles bénéficient d’un abattement spécifique en fonction de votre âge au moment de l’entrée en jouissance (40 %, 50 %, 60 %, 70 % selon les tranches d’âge), mais ce n’est pas l’abattement 10 % “pensions”.
  • Les retraits d’assurance-vie
  • Les revenus fonciers

    C’est là que les choses deviennent intéressantes pour l’optimisation : en fonction de la façon dont vous percevez vos revenus à la retraite (pensions, rentes, loyers, dividendes…), l’abattement applicable n’est pas le même. Et cela peut changer significativement votre impôt.

    Comment l’abattement 10 % réduit concrètement votre impôt

    Voyons un exemple simple (chiffres volontairement arrondis pour faciliter la lecture).

    Imaginons Jeanne, retraitée, célibataire, qui perçoit :

  • 18 000 € par an de retraites (de base + complémentaire).
  • Sur sa déclaration, elle indique 18 000 € dans la case des pensions. L’administration applique :

  • 10 % d’abattement = 1 800 €.
  • Revenu imposable au titre des pensions = 18 000 € – 1 800 € = 16 200 €.
  • Autrement dit, l’impôt sur le revenu sera calculé non pas sur 18 000 €, mais sur 16 200 €. La différence n’est pas négligeable, surtout lorsqu’on franchit (ou non) une tranche du barème.

    Si Jeanne était dans une tranche marginale à 11 %, l’économie d’impôt liée à cet abattement serait de l’ordre de :

  • 1 800 € × 11 % ≈ 198 € d’impôt en moins.
  • Pour un couple avec des pensions plus élevées, l’abattement joue encore un rôle, mais il est limité par le plafond annuel. Une fois ce plafond atteint, l’abattement ne peut pas augmenter davantage, quelle que soit la hausse des pensions.

    Abattement de 10 % : automatique, mais à surveiller

    Vous n’avez pas de case spécifique à cocher pour bénéficier de l’abattement de 10 % sur vos retraites : il est appliqué automatiquement par l’administration.

    En revanche, je vous conseille de rester vigilant sur deux points :

  • Le pré-remplissage : vérifiez toujours les montants de pensions déclarés (surtout si vous avez plusieurs caisses). Une erreur en votre défaveur signifie un abattement de 10 % calculé sur un montant trop élevé… mais aussi un impôt trop élevé.
  • Le cumul des pensions : l’abattement est calculé sur le total des pensions du foyer, et la limite maximale (plafond) vaut pour tout le foyer, pas par personne.
  • Une anecdote : j’ai accompagné un couple de retraités qui avaient tous les deux de petites pensions de plusieurs régimes. Une caisse ne remontait pas correctement le montant à l’administration, et le couple recopiait sans réfléchir. Résultat : des pensions sous-estimées, un abattement mal calculé, et des redressements sur trois ans. Moralité : prendre 10 minutes pour vérifier vos montants peut vous éviter beaucoup de tracas.

    Abattement 10 % et autres dispositifs : comment tout s’imbrique

    L’abattement de 10 % ne vit pas dans une bulle. Il s’imbrique avec tout l’écosystème de l’impôt sur le revenu :

  • Quotient familial : le revenu imposable (après abattement 10 %) est ensuite divisé par le nombre de parts de votre foyer. Plus vous avez de parts, plus le barème s’adoucit.
  • Décote : pour les foyers modestes, une décote réduit l’impôt quand il est faible. Là encore, l’abattement contribue à réduire le revenu imposable et peut vous placer dans une zone où la décote joue à plein.
  • Demi-part supplémentaire (anciens combattants, invalidité, veufs/veuves sous conditions, etc.) : davantage de parts = impôt plus faible, surtout lorsque vos pensions sont significatives.
  • Crédits et réductions d’impôt : emploi à domicile, dons, etc. Ils s’appliquent ensuite, après calcul de l’impôt brut.
  • L’idée clé : l’abattement de 10 % est un premier filtre qui réduit la base imposable. Plus votre situation est optimisée sur les autres leviers (parts, charges déductibles, crédits d’impôt…), plus l’effet global sur votre impôt peut être important.

    Comment organiser vos revenus de retraite pour optimiser votre net

    Venons-en à la partie la plus stratégique : comment utiliser les règles existantes pour réduire légalement votre impôt sur vos pensions et augmenter votre revenu net, année après année.

    L’abattement de 10 % est forfaitaire : vous ne pouvez pas le modifier. En revanche, vous avez une marge de manœuvre sur la composition de vos revenus. Quelques pistes concrètes.

    Jouer sur la part de revenus « pensions » vs « revenus de capital »

    Si vous avez constitué de l’épargne (assurance-vie, PEA, PER, immobilier locatif…), vous pouvez décider, au moment de la retraite, de :

  • Vivre principalement de vos pensions, en utilisant peu votre capital.
  • Ou, au contraire, limiter la hausse de vos pensions imposables et compléter avec des revenus de capital parfois moins taxés.
  • Exemples :

  • Les dividendes et les intérêts peuvent être imposés au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (dont 12,8 % d’impôt sur le revenu), ou sur option, au barème après un autre abattement concernant les dividendes (40 %).
  • Les assurances-vie bénéficient, après 8 ans, d’un abattement annuel sur la part des gains (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple). Utiliser une assurance-vie comme complément de revenus peut donc être très efficace.
  • Les rentes viagères à titre onéreux issues de certains contrats ne sont imposables que sur une fraction de leur montant (par exemple 40 % seulement si vous avez plus de 60 ans au début de la rente, 30 % au-delà de 69 ans).
  • Sans tout basculer du jour au lendemain, il peut être pertinent de :

  • Limiter volontairement la montée en puissance de certaines pensions supplémentaires (par exemple, arbitrer entre rente et capital sur un PER ou un contrat d’épargne retraite).
  • Et privilégier, à la marge, des revenus de capital moins imposés ou partiellement exonérés.
  • Ce travail d’arbitrage doit se faire au cas par cas, en fonction :

  • De votre tranche marginale d’imposition.
  • De votre patrimoine existant (assurance-vie, PEA, immobilier…).
  • De vos besoins de revenus stables.
  • Mais l’idée générale est claire : ne pas subir la retraite uniquement sous forme de pensions intégralement soumises au barème (même avec 10 % d’abattement), alors que vous pourriez panacher avec des outils plus souples.

    Sortie en rente ou en capital : un choix fiscal majeur

    Si vous avez alimenté un PER (plan d’épargne retraite) ou anciennement un PERP, Madelin, article 83, vous serez un jour confronté à un choix : rente, capital ou panachage des deux.

    Côté fiscalité, la différence est importante :

  • Sortie en rente : la rente sera imposée comme une pension de retraite classique, avec l’abattement de 10 %, mais soumise en grande partie au barème progressif.
  • Sortie en capital : la fiscalité distingue la part correspondant aux versements déduits et la part des gains, avec des règles différentes (barème, PFU, prélèvements sociaux…). Ce n’est plus traité comme une pension.
  • Dans certains cas, la rente peut être intéressante (sécurité, régularité, longévité). Mais sur le plan fiscal, pour des personnes déjà fortement imposées sur leurs pensions, il peut être plus judicieux de :

  • Limiter la part de rente pour ne pas faire exploser le revenu imposable.
  • Utiliser une sortie partielle en capital, quitte à replacer ce capital sur des supports (assurance-vie, PEA, etc.) permettant ensuite un versement complémentaire de revenus plus maîtrisé fiscalement.
  • J’ai vu des retraités se retrouver, du jour au lendemain, avec une imposition beaucoup plus lourde juste parce qu’ils avaient validé, un peu trop vite, une option de sortie 100 % en rente “par défaut”. Mieux vaut anticiper ce choix 2 ou 3 ans avant le départ à la retraite, avec des simulations.

    Optimiser à deux : le cas des couples retraités

    Pour un couple, la réflexion doit se faire à l’échelle du foyer fiscal :

  • L’abattement de 10 % sur les retraites est plafonné pour le couple globalement.
  • Le revenu total (pensions + autres revenus) est réparti sur 2 parts (voire plus si vous avez encore des enfants à charge ou des majorations de parts).
  • Quelques pistes :

  • Si l’un des conjoints a une pension nettement plus élevée, il peut être intéressant d’équilibrer les revenus de capital (par exemple, détenir certains contrats d’assurance-vie au nom de celui qui est le moins imposé, ou de manière conjointe).
  • Réfléchir à la déclaration commune vs séparée peut, dans des cas très particuliers (notamment en cas de remariage avec des enfants de lits différents), produire des effets significatifs. Mais cela reste encadré et peu fréquent.
  • Les choix de sortie des plans retraite (rente/capital) peuvent être coordonnés pour lisser le revenu imposable du foyer sur plusieurs années, plutôt que de créer des pics d’imposition.
  • Une approche stratégique, sur 5 à 10 ans, permet souvent de gagner plusieurs milliers d’euros d’impôt cumulés, sans rien faire d’illégal, simplement en jouant intelligemment avec les règles existantes.

    Les erreurs fréquentes qui coûtent cher aux retraités

    Pour terminer, quelques pièges que je retrouve régulièrement dans les dossiers que je vois passer :

  • Penser que “tout est retenu à la source, donc je n’ai rien à faire” : la retenue à la source n’est qu’un acompte. La déclaration annuelle reste obligatoire et permet de corriger et d’optimiser.
  • Ne jamais vérifier les montants pré-remplis : une erreur d’une caisse de retraite, ça arrive. Et l’abattement de 10 % est alors mal appliqué.
  • Ignorer les autres leviers (assurance-vie, PEA, location meublée, etc.) et accepter une retraite “tout pensions”, souvent plus taxée.
  • Accepter par défaut une sortie en rente sur les produits d’épargne retraite, sans simulation comparative avec une sortie en capital ou mixte.
  • Oublier les crédits et réductions d’impôt (emploi à domicile, dons, etc.) qui peuvent grandement alléger la facture finale.
  • La fiscalité de la retraite n’est pas une punition : c’est un système de règles. Celui qui les connaît les subit moins que celui qui les découvre au hasard de son avis d’imposition.

    En résumé : l’abattement 10 % comme point de départ, pas comme point d’arrivée

    L’abattement de 10 % sur les retraites est un filet de sécurité automatique qui réduit d’emblée la base imposable de vos pensions. Il vous avantage déjà, sans action de votre part.

    Mais la vraie optimisation commence lorsque vous :

  • Comprenez sur quels revenus il s’applique (pensions) et sur lesquels il ne s’applique pas.
  • Organisez votre retraite en combinant pensions, revenus de capital et épargne de façon cohérente.
  • Anticipez les grands choix structurants (sortie des PER, assurance-vie, rentes viagères, arbitrages patrimoniaux…).
  • Si vous êtes à l’aube de votre retraite (ou déjà dedans) et que vous avez l’impression de subir l’impôt plus que de le comprendre, le premier réflexe utile est simple : faites un point chiffré sur l’ensemble de vos revenus actuels et futurs, et sur la façon dont ils sont imposés.

    Ensuite, ligne après ligne, dispositif après dispositif (abattement 10 %, quotient familial, assurance-vie, etc.), vous pouvez reprendre la main sur ce qui ressemble trop souvent à une fatalité. Et transformer vos pensions en ce qu’elles auraient toujours dû être : un revenu stable, optimisé, et au service de votre qualité de vie, pas de votre stress fiscal.

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